Des manifestations massives ont éclaté en Nouvelle-Calédonie cette semaine après que le Parlement français a voté autorisant les résidents français résidant sur le territoire des îles du Pacifique depuis 10 ans ou plus à voter aux élections provinciales.
Le gouvernement français a fait valoir que ces réformes soutiennent la démocratie dans l’archipel. Mais la population locale, en particulier celle de la communauté indigène Kanak, qui représente 40% de la population de l’île, craint que cela ne sape ses efforts pour obtenir son indépendance de la France.
La France a déployé des troupes dans les ports et l’aéroport international de Nouvelle-Calédonie et a interdit TikTok alors que le gouvernement imposait l’état d’urgence le 16 mai.
La colère au sein du peuple autochtone kanak couve depuis des semaines face au projet d’amendement de la constitution française, diluant un accord de 1998 qui limitait le droit de vote.
Accord de Nouméa
L’accord de Nouméa signé le 5 mai 1998, sous l’égide du Premier ministre socialiste Lionel Jospin, avait pour but d’instaurer un processus de décolonisation sur vingt ans.
Ce texte fondateur, conclu entre l’État français, les anti-indépendantistes et les indépendantistes kanak, puis ratifié à 72% par les Calédoniens, organise l’émancipation progressive de l’archipel.
Autres consultations et nombreux votes ont été organisés sans satisfaire les revendications des indépendantistes kanaks. Ils contestent la légitimité du résultat et exigent un nouveau référendum d’ici 2024.
La réforme constitutionnelle, votée par le Sénat et l’Assemblée nationale mardi 14 mai a mis le feu aux poudres sur l’ile de Pacifique.
Des centaines de marines et de policiers français ont été déployés et lourdement armés ont patrouillé samedi dans la capitale, Nouméa, où les rues étaient remplies de débris après plusieurs nuits de pillages, d’incendies criminels et d’affrontements armés au cours desquels six personnes sont mortes.
Les autorités françaises ont accusé un groupe indépendantiste connu sous le nom de CCAT (Cellule de coordination des actions de terrain) d’être à l’origine des manifestations.
Dix militants accusés d’avoir organisé les violences ont été assignés à résidence, selon les autorités.
La Nouvelle-Calédonie est un territoire français depuis la colonisation à la fin des années 1800. Des siècles plus tard, la politique reste dominée par le débat sur la question de savoir si les îles devraient faire partie de la France, autonomes ou indépendantes, avec des opinions largement divisées selon des critères ethniques.
